Jusqu'où irait Vladimir Poutine, hostile à l'usage de la force contre l'Iran ? Il a peut-être la nostalgie de l'empire des soviets ? Va savoir...
TEHERAN (Reuters) - En dépit de menaces d'attentat, Vladimir Poutine est arrivé mardi à Téhéran pour des entretiens avec les dirigeants iraniens dominés par le contentieux sur le nucléaire opposant les puissances occidentales à la République islamique.
Intervenant devant le sommet des pays riverains de la mer Caspienne, le président russe a qualifié d'inacceptable tout recours à la force dans la région et rappelé que Moscou prônait le dialogue comme moyen de régler des divergences.
"Nous ne devrions même pas songer à employer la force dans cette région", a déclaré l'orateur, considéré comme un précieux allié par des dirigeants iraniens de plus en plus isolés sur la scène internationale.
Vladimir Poutine - premier président russe à se rendre en Iran depuis Staline en 1943 - a été accueilli dans la matinée à son arrivée à l'aéroport de Téhéran-Mehrabad par le chef de la diplomatie, Manouchehr Mottaki.
Les Iraniens, accusés par une bonne partie de la communauté internationale de chercher à de doter de l'arme nucléaire sous couvert d'un programme énergétique civil, nient ces allégations. Ils voient dans ce voyage l'occasion de briser leur isolement sur la scène diplomatique.
Le maître du Kremlin devrait être reçu par son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad ainsi que par le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.
PATIENCE ET DIALOGUE
Vladimir Poutine, qui prépare sa "sortie" politique prévue l'an prochain, a maintenu son déplacement malgré des mises en garde contre un risque d'attentat en Iran.
A la veille de son arrivée, les services spéciaux russes avaient confirmé avoir reçu des informations sur un complot dirigé contre lui et révélé dimanche par l'agence de presse Interfax.
La République islamique a immédiatement balayé ces allégations, assimilées aux efforts des "ennemis de Téhéran" - allusion transparente aux puissances occidentales - visant à saper les relations russo-iraniennes.
Vladimir Poutine, dont le pays possède un droit de veto au Conseil de sécurité de l'Onu, est considéré comme un soutien de poids des Iraniens soucieux avant tout d'échapper à un durcissement des sanctions internationales.
Moscou, allié historique de Téhéran qui participe à la construction de centrales nucléaires en Iran, a jusqu'ici résisté aux efforts des Occidentaux visant à durcir les sanctions à l'encontre de la République islamique.
Pour Vladimir Poutine, qui estime que chercher à "intimider" les Iraniens serait contre-productif, la patience et le dialogue sont le meilleur moyen de régler le contentieux nucléaire.
La semaine passée, plusieurs pays de l'Union européenne ont renouvelé leur appel à Washington en faveur de l'adoption au Conseil de sécurité d'une troisième résolution durcissant les sanctions au cas où Téhéran refuserait de suspendre ses activités nucléaires "sensibles".
par Edmund Blair